La vocation du Girardin industriel est d’accorder un avantage fiscal à certains, en contrepartie d’un investissement dans du matériel productif neuf loué (outils de production, pelleteuses, camions, grues, etc.) à des entreprises situées dans les départements, territoires et collectivités d’outre-mer (DOM-TOM-COM). L’objectif est de les aider à payer moins cher l’acquisition de leur outil de travail.
Il s’agit toujours pour le foyer fiscal intéressé, de faire une avance de trésorerie pour bénéficier d’un avantage fiscal l’année d’après.
Il existe deux types d’opérations en loi Girardin industriel : les montages dits de “plein droit” pour les dossiers inférieurs à 250 000 €, et les montages “avec agrément”, pour les projets de plus de 250.000 euros et/ou dès le 1er euro pour les activités dites sensibles ou activités de transport.
La condition particulière est une durée de 5 ans avec exploitation continue des matériels par les PME ultramarines sur cette période, sous peine d’annulation de toute l’opération par l’administration.
Le texte de loi indique que le système porte sur les investissements productifs neufs réalisés dans les départements et collectivités d’outre-mer suivants :
Les secteurs d’activités éligibles se limitent aux activités industrielles, agricoles ou artisanales, à l’exclusion des secteurs suivants :
Exemple de calcul d’une opération en Girardin sans (ou avec) agrément
L’investissement productif réalisé dans le cadre d’une opération en Girardin industriel doit intervenir jusqu’en 2025 :
Dans les DOM (départements d’outre-mer) :
Dans les COM (collectivités d’outre-mer) :
Dans les faits, c’est à la Réunion que l’offre est la plus importante au sein des DOM. Dans les COM, il s’agit de la Nouvelle-Calédonie, en raison de l’exploitation du nickel.
Il existe de nombreux opérateurs spécialisés dans le montage d’opérations de défiscalisation en loi Girardin. Les principaux sont :
> Girardin industriel avec agrément :
> Girardin industriel de plein droit :
Les opérateurs les plus structurés proposent de pré-remplir l’imprimé fiscal dédié à l’investissement outre-mer (formulaire 2042 IOM) à adresser avec justificatifs en même temps que la déclaration de revenus.
Quel que soit le type de montage, une opération d’investissement productif outre-mer fait intervenir 6 parties autour d’une société de portage montée spécifiquement pour cela en vue d’investir dans du matériel neuf :
La société de portage est propriétaire du ou des matériels qu’elle loue à un ou plusieurs exploitants ultramarins. Le bien doit être affecté à l’activité pendant 5 ans, sans interruption.
Dans tous les cas, le contribuable reçoit, en contrepartie de son apport, des parts de la société de portage qu’il doit conserver pendant les 5 années. En année N+1, il bénéficie de son avantage fiscal. A la sortie, le bien mis en location devient la propriété de la société ultramarine jusque-là locataire et la société de portage est liquidée.
Dans le cadre d’une opération sans agrément, les règles sont par nature moins contraignantes. Les biens acquis et mis en location par la société de portage sont des équipements courants nécessaires à l’exploitation de TPE-PME, souvent dans le secteur de l’industrie, du bâtiment ou des travaux publics. Il s’agit de biens « standard », théoriquement faciles à remettre en relocation en cas de faillite du locataire.
En principe, le montage est le suivant :
Pendant 5 ans, la société exploitante paie son loyer à la SNC qui rembourse le prêt à la banque. Au terme, le matériel est cédé à l’entreprise locale et la SNC fait l’objet d’une liquidation amiable.
Dans ce cadre, l’opérateur doit, avant de les proposer aux contribuables, demander à l’administration fiscale un agrément pour les projets dont le montant dépasse 250.000 euros ou s’ils interviennent dans l’un des secteurs d’activité prévus par la loi. Les agréments sont délivrés au compte-goutte.
Dans ce cadre, les biens mis en location sont des gros équipements spécifiques d’une valeur pouvant atteindre plusieurs millions d’euros.
Une fois que les contribuables ont investi, la société de portage achète l’équipement et conclut un contrat de location avec l’entreprise ultramarine pour une durée d’au moins 5 ans. La sortie est prévue au terme au travers de mécanismes d’options ou de promesses d’achat, après la liquidation amiable de la société de portage.
Le risque le plus important est d’être soumis à un redressement fiscal en cas de non-respect des contraintes légales et administratives (interruption de la location du matériel, location du matériel dans un secteur interdit, désinvestissement avant le délai de 5 ans…).
Avant d’investir, il est conseillé de recueillir des informations sur l’opérateur en charge du dossier. Il faut en particulier veiller à ce qu’il s’assure du bon déroulement des opérations sur le terrain. A ce titre, il est donc conseillé de privilégier les intervenants disposant d’agences locales et de personnels chargés du suivi de la location des matériels (en particularité de la relocation pour que leur exploitation se fasse sans discontinuité).
Pour minimiser les risques, les monteurs de projet les plus sérieux ont mis en place des assurances spécifiques, des dispositions contractuelles avec les sociétés locataires et les banques comme des garanties fiscales et des clauses de non-recours vis-à-vis des associés de la société de portage.
« Le Girardin industriel consiste à optimiser sa fiscalité tout en agissant sur sa trésorerie, dans le sens où, pour réduire son impôt de 10.000 euros d’impôt, le contribuable va investir dans une société (porteuse du projet industriel) à hauteur de 9.100 euros. La rentabilité induite, provenant de ce seul différentiel puisqu’il n’y a pas de revenus sur la durée ou de plus-values au terme), est donc relativement conséquente comparativement à ce que propose le marché par ailleurs.”
C’est un produit sophistiqué, qui requiert l’accompagnement d’un professionnel de la gestion de patrimoine. Seul, il est difficile de faire la différence entre les offres du marché.
Il est essentiel de s’assurer de la qualité de l’opérateur (de sa pérennité), et de l’environnement sécuritaire mis en place par lui.
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